15E CONFERENCE DES DOUANES DE LA REGION AFRIQUE DE L'OUEST ET DU CENTRE : FACE AU CHOC DU FUTUR 2010-03-15, 09:35:40
L'administration douanière y parviendra grâce à son informatisation, une mise en commun des actions, une gestion efficiente des risques, un personnel bien formé et un partenariat avec le secteur privé. Bamako abrite depuis jeudi, les travaux de la 15è Conférence des directeurs généraux des douanes de la région Afrique et de l'ouest et du centre de l'Organisation mondiale des douanes (OMD).
La cérémonie d'ouverture de la rencontre qui était présidée par le Premier ministre, Modibo Sidibé, a regroupé à l'hôtel Laïco de l'Amitié nombre de personnalités parmi lesquelles le ministre de l'Économie et des Finances, Sanoussi Touré.
On notait également la présence de responsables de l'administration publique et des institutions de la République. Le secrétaire général de l'OMD, Kunio Mikuria, le vice-président de la région Afrique de l'ouest et du centre de l'OMD, Mouhamadou Makhtar Cissé, le directeur général de la douane malienne, le colonel Amadou Togola.
Plus d'une centaine de participants venus des 27 pays membres que couvre la région ouest africaine et du centre de l'OMD prennent part à cette session de l'OMD.
Deux jours durant, ils vont débattre des voies et moyens de construire une administration douanière du 21è siècle à travers des thèmes aussi divers que variés : la modernisation douanière et le renforcement des capacités, le partenariat douanes-secteur privé, l'échange de renseignements et la lutte contre la fraude, le financement des structures régionales et l'informatisation des procédures.
L'OMD regroupe actuellement 176 pays membres qui contrôlent plus de 98% du commerce international. Elle s’attache à faciliter les échanges, moderniser les administrations douanières en diffusant les bonnes pratiques et en renforçant leurs compétences.
Aujourd'hui, les responsabilités des services de douane sont nombreuses et deviennent de plus en plus complexes, confrontés qu'ils sont à une expansion croissante du commerce international et à la modernisation de l'économie.
Dans le cas particulier de nos Etats en développement, la douane constitue un élément essentiel des stratégies nationales de croissance et de lutte contre la pauvreté.
A ce titre, elle concourt, dans des proportions souvent considérables, à la mobilisation de recettes budgétaires indispensables au financement des programmes de développement. Ainsi, la part des services douaniers représente plus de 40% des recettes budgétaires dans notre pays.
En plus de cette mission fiscale, la douane doit protéger l'espace économique de notre pays et la santé de nos populations par le contrôle et la régularisation des produits importés à consommation exponentielle, a expliqué le directeur général de la douane du Mali.
TROIS DEFIS MAJEURS. Le colonel Amadou Togola se félicite des résultats enregistrés ces dernières années comme, par exemple, l’augmentation de 25,8% des recettes en 2008. Cette dynamique résulte de la politique de modernisation de la douane initiée par les pouvoirs publics.
Ce vaste programme de modernisation touche aussi bien les aspects institutionnels que la dimension fonctionnelle du service. Cette stratégie met un accent particulier sur l'informatisation des procédures avec l'utilisation du système Sydonia et la mise en réseau de toutes les structures douanières, le développement des relations de partenariat avec le secteur privé, le renforcement des capacités du personnel et l'adhésion aux instruments de l'OMD.
Aujourd'hui, la douane dispose de quatre scanners installés aux portes stratégiques d'entrée sur le territoire national. Amadou Togola s’est référé à la menace terroriste qui pèse sur le commerce international et qui se conjugue désormais avec la montée en puissance du commerce illégal, pour expliquer pourquoi la lutte contre la fraude est devenue une activité essentielle des services de douanes. Ceux-ci ne peuvent réussir sans mettre un accent particulier sur l'échange de renseignements et la coopération administrative mutuelle entre les douanes, a estimé le directeur général de la douane.
Le vice-président de la région ouest africaine et du centre et le secrétaire général de l'OMD se sont appesantis sur les trois défis majeurs auxquels sont confrontés les services des douanes : le défi d'une bonne gestion des perceptions des devises, la sécurisation et la facilitation des procédures et enfin la protection des populations du fléau de la contrebande.
Le secrétaire général de l'OMD, Kunio Mikuria, a recommandé d’éviter tout fatalisme en la matière. « Nous disposons des moyens à notre politique par une informatisation de l'administration douanière, une mise en commun de nos actions, une gestion efficiente des risques, un renforcement des capacités des ressources humaines et enfin un partenariat fécond avec le secteur privé basé sur une confiance mutuelle", a-t-il constaté.
Le Premier ministre Modibo Sidibé a abondé dans le même sens en jugeant que la tenue de cette rencontre à Bamako constitue une marque d'attention pour le Mali en général, mais aussi et surtout pour la douane malienne. Celle-ci, a-t-il témoigné, se distingue ces dernières années par son dynamisme à soutenir considérablement l'économie nationale.
Face aux mutations économiques mondiales, de nouvelles missions échoient à l'administration douanière qui doit œuvrer pour garantir la compétitivité de nos entreprises et des investissements locaux par une lutte sans merci contre la fraude, a souhaité Modibo Sidibé, avant de réitérer l'engagement et la détermination du gouvernement à accompagner les services douaniers dans l'accomplissement de leur mission.
Auparavant, une projection de film avait permis à l'assistance de se familiariser avec les différentes actions et les politiques menées dans le cadre de la modernisation de la douane. En prélude à la rencontre le secrétaire général de l'OMD et le vice-président de la région ouest africaine avaient visité mercredi les services de la douane, avant d'être reçu en audience par le Premier ministre.
L. DIARRA
Journal l’Essor du jeudi 11 mars 2010